Renforcer les capacités, connecter les acteurs : le CFIM poursuit le développement de son réseau de veille maritime

De la coopération régionale au renforcement des compétences internes et au développement des partenariats nationaux, plusieurs initiatives récentes illustrent la dynamique engagée par le Centre de Fusion d’Informations Maritimes (CFIM) pour renforcer ses capacités et améliorer la circulation de l’information maritime.

La sécurité maritime repose en grande partie sur la capacité à disposer d’une information pertinente, fiable et exploitable au moment opportun. Cette capacité dépend non seulement des outils et des infrastructures disponibles, mais également des compétences des personnels, de la diversité des sources d’information et de la qualité des échanges entre les acteurs concernés.

C’est dans cette perspective que le CFIM poursuit, à travers différentes initiatives, le renforcement de ses capacités et le développement de son réseau de coopération, tant au niveau national que régional.

Une ouverture régionale pour mieux appréhender les menaces maritimes

Séance de restitution de l’ONG Traffic

Les 7 et 8 septembre 2026, le Directeur général du CFIM a participé à Port-Louis, à Maurice, à une séance de restitution consacrée aux études de l’ONG TRAFFIC concernant le trafic illicite d’espèces sauvages dans l’océan Indien occidental.

Cette rencontre, organisée par l’ONG TRAFFIC, avec l’appui de la Commission de l’océan Indien (COI) et ses partenaires, dans le cadre de Safe Seas Africa, a réuni différents acteurs concernés par la prévention et la lutte contre les trafics illicites dans la région.

La participation du CFIM à cette rencontre s’inscrit dans une démarche d’ouverture et de coopération régionale, d’autant plus que la lutte contre le trafic d’espèces sauvages par voie maritime s’inscrit parmi les thématiques relevant des missions du CFIM. Elle permet notamment de mieux appréhender les mécanismes et les itinéraires associés aux trafics transnationaux, ainsi que les interactions possibles entre ces activités illicites et le domaine maritime. Des recommandations ont d’ailleurs pu être formulées par l’ONG pour renforcer les différents dispositifs nationaux à cet effet.

En effet, lorsque des réseaux criminels utilisent les navires, les ports, les infrastructures et les routes maritimes pour acheminer des marchandises ou des espèces protégées, la détection de ces flux peut également mobiliser les capacités de surveillance et de partage de l’information maritime.

Pour le CFIM, ces échanges constituent ainsi une occasion de renforcer les connaissances, de développer des partenariats  avec les acteurs régionaux et de mieux intégrer les enjeux émergents dans l’analyse de la situation maritime.

Renforcer les compétences pour mieux communiquer et recueillir l’information

Remise des certificats à l’issue de la formation en anglais maritime spécialisé 

Cette ouverture sur l’environnement maritime régional s’accompagne d’un renforcement des capacités internes du Centre.

Les opérateurs et analystes du CFIM ont récemment bénéficié d’une formation en anglais maritime spécialisé dispensée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC).

Dans un environnement maritime international, la capacité à communiquer efficacement en anglais spécialisé constitue un atout opérationnel important. Elle permet notamment de faciliter les échanges avec les navires, les équipages, les centres de veille et les partenaires à l’international.

Pour les équipes du watchfloor (salle de veille opérationnelle), cette formation contribue ainsi à renforcer la capacité à recevoir, comprendre, clarifier et transmettre les informations utiles à la veille maritime.

La séance de formation a également été l’occasion d’aborder les expressions et procédures spécifiques à la communication radio maritime, notamment les Standard Marine Communication Phrases (SMCP), les marqueurs de message ainsi que les signaux de détresse, d’urgence et de sécurité ( Mayday, Pan-Pan et Sécurité).

Les participants ont ainsi été sensibilisés à l’importance de la précision dans la transmission comme dans la réception des messages, une exigence essentielle dans les échanges opérationnels, où toute erreur d’interprétation peut être susceptible d’avoir de lourdes conséquences.

Au-delà de la maîtrise linguistique, l’objectif est donc de renforcer une compétence directement liée à la mission du Centre : la capacité à recueillir et à transmettre une information de manière claire et précise, dans un contexte où la rapidité et la fiabilité des échanges peuvent être déterminantes.

Élargir le réseau national et rapprocher les capacités de veille

18 Septembre 2026 : Signature d’un MoU avec le Madagascar National Parks (MNP)

Le renforcement des capacités du CFIM passe également par le développement de relations plus étroites avec les structures nationales qui disposent, dans leurs domaines respectifs, de capacités de surveillance et d’informations utiles à la connaissance du domaine maritime.

C’est dans cette logique que le CFIM a signé un Memorandum of Understanding (MoU) avec Madagascar National Parks (MNP), en continuité avec la refonte du MoU avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) et afin de renforcer le volet de la lutte contre le trafic d’espèces sauvages. Il faut d’ailleurs souligner que le MEDD est l’entité de tutelle du MNP.

Le MNP est le gestionnaire du réseau national d’aires protégées, y compris les aires marines protégées (AMP). Dans le cadre de ses missions, l’organisme dispose de capacités propres de surveillance ainsi que d’une salle de veille.

Visite de la salle de veille du MNP

Le rapprochement entre ces capacités et celles du watchfloor du CFIM ouvre la voie à une meilleure interconnexion des capacités de veille et de partage de l’information.

Il ne s’agit pas seulement de multiplier les partenaires, mais de favoriser progressivement une meilleure circulation des informations pertinentes entre les différents acteurs disposant d’une capacité d’observation du territoire et du domaine maritime.

Cette démarche rejoint directement la vocation du CFIM en tant que centre de collecte, d’analyse, de fusion et de partage de l’information maritime et conforte ses efforts de renforcement de ses capacités de surveillance grâce à une diversification des sources d’informations.

Trois initiatives, une même dynamique

La participation à une rencontre régionale à Maurice, la formation en anglais maritime des équipes du CFIM et la signature d’un accord de coopération avec MNP répondent à des objectifs immédiats différents.

Elles s’inscrivent néanmoins dans une même dynamique :

  • Mieux coopérer, en développant les échanges avec les acteurs régionaux ;
  • Mieux communiquer, en renforçant les compétences nécessaires aux échanges opérationnels ;
  • Mieux connecter, en rapprochant progressivement les différentes capacités nationales de veille et de partage de l’information.

Cette complémentarité traduit une conception élargie du renforcement des capacités : celui-ci ne se limite pas aux ressources humaines ou aux équipements. Il englobe également les capacités opérationnelles, les infrastructures, les méthodes de travail et les partenariats qui permettent au Centre d’accomplir efficacement ses missions.

Une dynamique inscrite dans la stratégie triennale du CFIM

Ces actions s’inscrivent dans la stratégie triennale de renforcement des capacités du CFIM, qui se décline aussi bien sur les plans humain, opérationnel et logistique qu’à travers le développement et la consolidation de ses partenariats.

L’amélioration du cadre et de l’environnement de travail notamment à travers divers travaux de rénovation initiés au sein du site du Centre, le développement des compétences des équipes, le renforcement des moyens opérationnels, l’amélioration des infrastructures ainsi que la diversification et la consolidation des partenariats participent ainsi d’un même objectif : permettre au CFIM d’avoir une connaissance précise et à jour de la situation maritime et ainsi appuyer au mieux les prises de décision.

À travers cette dynamique, le Centre poursuit le développement d’un réseau de veille maritime plus connecté, capable de mobiliser et de rapprocher les différentes sources d’information, du niveau national au niveau régional.

Mieux comprendre. Mieux communiquer. Mieux recueillir. Mieux connecter.

Autant de leviers qui contribuent au renforcement de la capacité collective à connaître, surveiller et sécuriser l’espace maritime malagasy.

De l’information à l’action : renforcer toute la chaîne de la sécurité maritime

Il convient toutefois de rappeler que le renforcement des capacités de collecte, d’analyse et de fusion de l’information maritime ne prend pleinement son sens que lorsqu’il s’inscrit dans une chaîne complète, allant de la détection à l’intervention.

Le CFIM peut ainsi contribuer à mieux détecter et analyser les menaces et activités illicites en mer et ainsi alerter les autorités compétentes ou administrations concernées en temps voulu. Encore faut-il que les capacités opérationnelles permettant d’agir en conséquence soient à la hauteur des enjeux identifiés. La disponibilité de moyens matériels adaptés pour les interventions en mer constitue dès lors un complément crucial au dispositif de veille et d’alerte.

L’efficacité de la sécurité maritime repose ainsi sur la complémentarité entre la connaissance de la situation maritime, la capacité d’alerte, la coordination des acteurs et la capacité d’intervention. C’est dans cette logique que le renforcement des capacités du CFIM doit être envisagé : non comme une action isolée, mais comme une contribution à une architecture nationale plus large de surveillance, de décision et d’action en mer.

Mieux détecter. Mieux anticiper. Mieux coordonner. Mieux agir.