
Le 29 juin 2026 à Morondava, le Centre de Fusion d’Informations Maritimes (CFIM) a franchi une étape importante dans la consolidation de la coopération interinstitutionnelle en faveur de la sécurité maritime à Madagascar, notamment dans sa dimension environnementale, en procédant à la signature d’un protocole d’accord stratégique avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) et l’Organe de Lutte contre l’Événement de Pollution marine par les hydrocarbures en mer (OLEP).
Cette signature, organisée en marge de la célébration de plusieurs journées internationales dédiées à l’environnement, illustre la volonté commune des institutions concernées de consolider la gouvernance maritime nationale face à des défis sécuritaires et environnementaux de plus en plus complexes. Rappelons qu’un tel protocole avec le MEDD existait déjà. La refonte de celui-ci répond à un souci de redynamiser les mécanismes de coopération tombés en désuétude.
Alors que Madagascar dispose d’un vaste domaine maritime riche en ressources stratégiques, les menaces pesant sur cet espace nécessitent une réponse coordonnée, fondée sur le partage d’informations, l’anticipation des risques et la coopération opérationnelle.
Une coopération renforcée avec le MEDD pour une meilleure gouvernance maritime
Le protocole signé avec le MEDD s’inscrit dans la continuité d’un partenariat déjà existant entre les deux institutions. Plus qu’un nouvel accord, il s’agit d’une refonte du cadre de coopération afin de l’adapter aux réalités actuelles et aux nouveaux défis liés à la protection des ressources naturelles.
Pour la petite histoire, le processus de refonte a notamment débuté avec une présentation réalisée par les équipes du MEDD sur le trafic illicite de l’Astrochelys radiata, plus connue sous le nom de tortue radiée, une espèce emblématique endémique de Madagascar aujourd’hui gravement menacée. S’appuyant sur des données et des cartographies, cette présentation a mis en évidence que ce trafic emprunte principalement la voie maritime, notamment à partir du littoral sud-ouest de l’île. Elle a également permis de souligner l’ampleur de ce phénomène, les conséquences de ce commerce illégal sur la préservation de la biodiversité ainsi que le rôle déterminant que peut jouer le CFIM, grâce à ses capacités de surveillance maritime et de fusion d’informations, dans la détection des flux suspects et l’appui aux services compétents.
Au-delà de cet exemple emblématique, la refonte du protocole traduit une prise de conscience plus large : les enjeux environnementaux ne se limitent plus à la terre ferme. Ils se maritimisent. Une part croissante des atteintes aux ressources naturelles se joue en mer et sur les zones côtières, qu’il s’agisse du trafic d’espèces protégées, de l’exploitation illicite des ressources marines ou encore des pollutions.
Dans ce contexte, le CFIM occupe une place stratégique. En tant que plateforme nationale de fusion d’informations maritimes, le Centre centralise, analyse et partage des données issues de multiples acteurs institutionnels afin de renforcer la surveillance maritime, de faciliter l’anticipation des menaces et d’améliorer la prise de décision.
Le partage d’informations entre le CFIM et le MEDD permettra notamment de :
- détecter plus rapidement les activités suspectes en mer ;
- renforcer la traçabilité des flux liés aux ressources naturelles ;
- identifier les schémas de trafic récurrents ;
- appuyer les autorités compétentes dans les opérations d’interception et d’enquête.
Cette coopération contribue ainsi à renforcer la sûreté maritime tout en soutenant les efforts de conservation environnementale.
Une collaboration stratégique avec l’OLEP face au risque de pollution marine

L’OLEP est associé à ce protocole renouvelé. Le but ? Consolider la coopération en matière de prévention et de gestion des pollutions marines, en particulier, celles causées par les hydrocarbures.
Le trafic maritime dans le canal du Mozambique et autour des eaux malagasy expose Madagascar à des risques accrus de pollution accidentelle ou intentionnelle. Un déversement d’hydrocarbures peut avoir des conséquences graves sur les écosystèmes marins, les communautés côtières, la pêche et l’économie nationale.
Dans ce domaine également, la valeur ajoutée du CFIM réside dans sa capacité à fournir une connaissance actualisée de la situation maritime. En facilitant l’identification précoce d’un incident et des navires susceptibles d’y être associés, le Centre contribue à orienter plus efficacement les investigations et les mesures de réponse engagées par les autorités compétentes.
La rapidité de détection constitue un facteur déterminant pour limiter l’ampleur d’une pollution marine. Plus l’alerte est précoce, plus les capacités d’intervention sont efficaces.
Le partenariat avec l’OLEP permet donc de renforcer la capacité nationale de réaction face aux crises environnementales en mer.
L’importance de la coordination interministérielle dans la sécurité maritime à Madagascar
Les défis liés au domaine maritime sont, par nature, transversaux. La lutte contre les trafics illicites, la pollution marine, la pêche illégale ou l’exploitation non durable des ressources ne relève pas d’une seule institution.
C’est précisément pourquoi la coordination interministérielle constitue un pilier central de la gouvernance maritime.
Le CFIM a été conçu pour répondre à cet impératif de coordination. Sa mission repose sur la mise en réseau des acteurs impliqués dans la sécurité maritime à Madagascar : défense, sécurité, environnement, transport maritime, pêche, douanes et autres administrations concernées.
Cette approche collaborative permet :
- une meilleure circulation de l’information ;
- une vision globale de la situation maritime ;
- une réduction des silos institutionnels ;
- une réponse plus rapide et plus cohérente face aux menaces.
Dans un environnement maritime de plus en plus complexe, aucune institution ne peut agir efficacement de manière isolée.
Une vision commune au service de l’économie bleue
À travers cet accord de partenariat avec le MEDD et l’OLEP, le CFIM réaffirme son rôle central dans le renforcement de la sécurité et la sûreté maritime à Madagascar et dans la protection du domaine maritime national.
Au-delà des enjeux sécuritaires, ces coopérations participent directement à la préservation du capital naturel de Madagascar et au développement d’une économie bleue durable.
En renforçant la surveillance maritime, la sûreté maritime et la coopération interinstitutionnelle, le CFIM contribue à bâtir un espace maritime plus sûr, mieux protégé et davantage résilient face aux menaces actuelles et futures.
