
Antananarivo, 15 au 17 juillet 2026
Le Centre de Fusion d’Informations Maritimes (CFIM) a co-organisé,avec l’Etat Major de la Marine Nationale, du 15 au 17 juillet 2026, l’Atelier national sur la gouvernance et la sécurité maritime à Madagascar.
Accueilli dans les locaux du CFIM à Ankaditoho, cet atelier a réuni pendant trois jours les principaux acteurs nationaux de la gouvernance maritime ainsi que plusieurs partenaires régionaux et internationaux autour d’un objectif commun : renforcer la coordination interministérielle afin de consolider la gouvernance maritime au service de la souveraineté nationale, de la sécurité maritime et du développement de l’économie bleue.
L’événement a bénéficié du financement du projet EU CRIMARIO, financé par l’Union européenne, avec le soutien de la Commission de l’océan Indien (COI) à travers le programme Safe Seas Africa.
Une ouverture placée sous le signe de la refondation

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de Son Excellence Monsieur RAJAONARISON Mamitiana, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, qui a prononcé le discours d’ouverture officielle de l’atelier, à l’issue des allocutions successives du Général de Corps d’Armée Ely RAZAFITOMBO, Ministre des Forces Armées, du représentant de la Délégation de l’Union européenne, du représentant de la Commission de l’océan Indien (COI), ainsi que des responsables des deux entités coorganisatrices, le Centre de Fusion d’Informations Maritimes (CFIM) et la Marine Nationale Malagasy.
Dans leurs allocutions, les autorités ont rappelé le caractère stratégique du domaine maritime pour Madagascar et souligné la nécessité de renforcer la coordination entre les administrations publiques afin de mieux répondre aux défis liés à la gouvernance des espaces maritimes.
Le Premier Ministre a notamment reconnu la nécessité de renforcer les capacités nationales de surveillance maritime et a souligné que, selon lui, « l’une des réformes les plus importantes concerne précisément la gouvernance de notre espace maritime ».
Au-delà des échanges techniques, l’Atelier national sur la gouvernance et la sécurité maritimes 2026 poursuivait ainsi une ambition plus large : faire évoluer les perceptions et inscrire durablement les enjeux de gouvernance et de sécurité maritimes au cœur des politiques publiques, comme levier du développement économique et du rayonnement de Madagascar.
Une première journée consacrée au diagnostic national

Les travaux ont débuté par un état des lieux des risques et menaces maritimes auxquels Madagascar est confronté.
Les différentes présentations ont abordé notamment :
- les risques météorologiques en mer ;
- la pollution marine ;
- le trafic et la contrebande par voie maritime ;
- la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ;
- les enjeux nationaux et régionaux de sécurité maritime.
Les échanges ont ensuite porté sur le fonctionnement actuel de l’Action de l’État en Mer (AEM) à Madagascar, à travers les contributions de la Marine Nationale, de l’Agence Portuaire, Maritime et Fluviale (APMF), du Ministère de la Pêche et de l’Économie Bleue ainsi que du projet CRIMARIO.
La journée s’est poursuivie avec une présentation du cadre juridique maritime malagasy, avant d’aborder la réflexion sur la mise en place d’une Architecture de Sécurité Maritime Nationale (ASMN) et les différentes initiatives régionales de coopération portées notamment par la Commission de l’océan Indien, CRIMARIO, Safe Seas Africa, ONUDC et l’OIM.
Une deuxième journée tournée vers les bonnes pratiques et l’interopérabilité

La deuxième journée a permis d’élargir les échanges à la dimension diplomatique et régionale.
Les participants ont notamment découvert les expériences des Comores et de Maurice en matière d’Action de l’État en Mer, avant d’approfondir les questions relatives au partage de l’information maritime et au rôle des centres de fusion.
Une démonstration de la plateforme IORIS, développée dans le cadre du projet CRIMARIO, a ensuite précédé un exercice sur table (Table Top Exercise – TTX) simulant une situation de crise maritime complexe mobilisant plusieurs administrations.
Cet exercice a permis de tester les mécanismes de coordination opérationnelle, d’identifier les points forts du dispositif existant ainsi que les axes d’amélioration en matière de coopération interministérielle.
En parallèle, des groupes de travail ont engagé une réflexion sur plusieurs thématiques structurantes, notamment :
- la création d’une plateforme interministérielle dédiée à l’Action de l’État en Mer ;
- le renforcement du cadre juridique de coopération ;
- le partage de l’information maritime ;
- l’utilisation des outils numériques collaboratifs tels qu’IORIS.

Une feuille de route pour accompagner les réformes

La troisième et dernière journée a été consacrée à la restitution des travaux de groupe.
Les recommandations formulées par les participants ont été consolidées dans un rapport de synthèse, appelé à constituer la base d’une feuille de route destinée à orienter les prochaines étapes du renforcement de la gouvernance maritime nationale.
Les discussions ont notamment fait ressortir plusieurs priorités :
- Mettre en place une plateforme interministérielle pour la coordination des actions
- Renforcer les capacités de surveillance et d’intervention
- Mettre en place un mécanisme de financement pérenne
- Exploiter et prendre part à la coopération régionale et internationale
La cérémonie de clôture s’est tenue en présence de Monsieur Ibrahim Norbert Richard, Secrétaire Général de la Commission de l’océan Indien, et du Général Démosthène PIKULAS, Chef d’État-Major des Armées, qui ont salué la qualité des travaux et appelé à transformer les recommandations formulées en actions concrètes.
Une dynamique appelée à se poursuivre

Au-delà des échanges techniques, l’Atelier national sur la gouvernance et la sécurité maritimes 2026 constitue une étape importante dans la réflexion nationale sur la gouvernance maritime.
En réunissant l’ensemble des administrations concernées, les Forces de défense et de sécurité, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations régionales, l’atelier a permis de renforcer une vision commune des enjeux maritimes auxquels Madagascar est confronté.
Les recommandations issues des travaux serviront désormais de fondement aux futures réflexions relatives à l’élaboration d’une Stratégie nationale de gouvernance et de sécurité maritimes, dans une approche fondée sur la coordination, le partage de l’information et la complémentarité des acteurs.
Au-delà de la réussite de cette première édition, le véritable défi réside désormais dans la concrétisation des recommandations formulées collectivement. La perspective d’une future édition 2027 offrirait l’occasion d’en mesurer les avancées, d’évaluer les actions entreprises et de poursuivre la dynamique de coopération engagée au service de la gouvernance maritime de Madagascar.
