Les mots du Directeur Général

Madagascar est la quatrième grande île du monde et la plus grande île d’Afrique. Il dispose de 5000 kilomètres de côte, 253 iles et ilots et une zone maritime sous sa juridiction qui se trouve être d’une dimensions trois fois plus grande que son espace terrestre.

Au vue de l’étendue de l’espace maritime sous juridiction de Madagascar, la mer et le domaine maritime occupent ainsi une place importante pour la grande île. En effet, l’espace maritime malagasy regorge de ressources marines biologiques et non biologiques immenses. C’est aussi le lieu où s’opèrent des activités maritimes en tous genres tels que le transport maritime, la pêche, la plaisance, le tourisme maritime et autres. D’ici peu, Madagascar commencera aussi les activités d’extraction de pétrole et de gaz au large. Ainsi, on peut dire que ses potentialités en matière d’économie bleue sont extraordinaires.

Toutefois, Madagascar connaît toujours à l’heure actuelle une perte économique énorme dans le domaine maritime à cause du pillage des ressources marines et de l’existence d’une insécurité notoire dans l’espace maritime malagasy.  Il est clair que sans un espace maritime sécurisé, le développement d’une économie bleue demeure une utopie pour Madagascar. C’est la raison pour laquelle l’Etat Malagasy a fait beaucoup d’effort ces dernières années dans le domaine de la sécurisation du domaine maritime par l’intermédiaire de la mise en place du Centre de Fusion d’Informations Maritimes (CFIM) et par l’amélioration des moyens à la disposition des différentes entités œuvrant dans le domaine maritime ainsi que la gouvernance maritime.

Le CFIM constitue un outil de base dans la maitrise du milieu maritime car il œuvre essentiellement pour la connaissance de la situation maritime et l’anticipation des risques et menaces maritimes dans l’espace maritime national. D’où la devise du centre qui a été définit comme suit : « Connaitre et anticiper pour une sécurité et une sûreté maritime et le développement de l’économie bleue ».

En effet, organe interministériel placé sous la tutelle de la Primature, à travers la collecte et l’analyse continue des informations maritimes, le CFIM constitue un outil de connaissance de la situation maritime , un outil d’appui à la conduite opérationnelle (Opération maritime d’application des lois en mer et opération menée par le secteur privé dans le cadre des activités maritimes), une plate-forme d’échange interministérielle (Secteur Public) avec l’industrie maritime (Secteur Privé) et la société civile œuvrant dans le domaine maritime et enfin une plate-forme d’hébergement du Centre Régional de Fusion d’Informations Maritimes (CRFIM) pour la région de l’Afrique Orientale et Australe et l’Océan Indien occidental (AfOA-OI) dont Madagascar est l’Etat hôte.

Nous sommes actuellement dans la phase d’opérationnalisation du CFIM. Dans ce cadre, des efforts considérables sont en cours d’être déployés tant au niveau technique qu’administratif depuis 2016. Après une phase d’initialisation en 2016, le centre est actuellement dans sa phase de démarrage depuis 2017 vers une consolidation des acquis pour une opérationnalité pleine et entière. Des résultats tangibles ont été déjà enregistrés et au fur et à mesure où le centre avance dans sa maturité, sa connaissance de la situation maritime sera de plus en précise. Le CFIM sollicite avoir ainsi de la part de ses partenaires une coopération inter-administration réussie, l’appui de la population Malagasy ainsi qu’une collaboration du secteur privé et de la société civile œuvrant dans le domaine maritime afin de donner à Madagascar la capacité de maitriser la sécurisation maritime et la protection de l’environnement marin.